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« Le changement d'habit introduisit le changement de nom. Celui de Frères étant celui qui convenait, fut celui qu'on prit, et on laissa le nom de Maîtres d'Écoles à ceux qui en font la fonction à leur profit. L'humilité et la charité ne s'en accommodaient pas. Il n'avait même jamais convenu à gens qui faisaient profession de ne tenir des Écoles que pour y faire régner Jésus-Christ, et y enseigner gratuitement la Doctrine Chrétienne ; s'il avait été supportable jusqu'à ce temps dans une maison où l'uniformité et l'égalité de toutes choses, n'avaient pas pu sitôt lier ensemble des sujets vacillant dans leur vocation, ils ne l'étaient plus depuis qu'ils s'étaient réunis, pour ne former qu'un seul corps. Par conséquent le titre de Frères que la nature donne aux enfants qui ont le même sang et le même père sur la terre, et que la charité adopte pour ceux qui ont le même esprit et le même Père dans le Ciel, leur appartenait.
De cette manière, la qualité de Frères des Écoles Chrétiennes et Gratuites, devint alors le titre des enfants de M. De La Salle ; et désormais, nous ne leur donnerons plus d'autre nom. Cette dénomination est juste ; car elle renferme la définition de leur état, et elle marque les offices de leur vocation. Ce nom leur apprend que la charité qui a donné naissance à leur Institut, doit en être l'âme et la vie ; quelle doit présider leurs délibérations, et former tous leurs desseins ; que c'est elle qui doit les mettre en ouvre et en action, et qui doit régler toutes leurs démarches, et animer toutes leurs paroles et leurs travaux. Ce nom leur apprend quelle est l'excellence de leur office, la dignité de leur état, et la sainteté de leur profession. Il leur dit, que Frères entre eux, ils se doivent des témoignages réciproques d'une amitié tendre, mais spirituelle ; et que devant se regarder comme les frères aînés de ceux qui viennent recevoir leurs leçons, ils doivent exercer ce ministère de charité avec un cour charitable. » |