BETHLÉEM - PALESTINE - LETTRE OUVERTE
: L’auteur du texte suivant croit que tous ceux qui vivent sur cette terre doivent vivre ensemble et il aspire ardemment au moment où l’humanité parviendra à le faire.
Je ne me souviens pas que mes grands-parents aient possédé leur propre maison. Cependant, je me rappelle quand mes parents possédaient notre première petite maison ainsi que les circonstances très pénibles où nous l’avons perdue.
Je ne prévoyais pas que je serais directement affecté par l’occupation israélienne de la Cisjordanie. Mon récit commence il y a cinq ans. Nous avons travaillé très fort afin d’amasser l’argent nécessaire pour bâtir notre première maison sur le terrain de ma mère, qu’elle avait hérité de son père, dans la ville de Beit Jala, en Cisjordanie, tout près de Bethléem.
C’était un très grand pas pour ma famille et pour notre vie. Après deux mois passés dans cette maison, le gouvernement d’Israël a envoyé un document ordonnant à mon père de se présenter devant in tribunal israélien. Lorsqu’il est arrivé au tribunal, on nous accusa d’avoir une maison illégale et on nous ordonna de demander au gouvernement israélien la permission de bâtir notre maison. Mais nous vivons en Cisjordanie, en territoire palestinien, qui relève de l’Autorité palestinienne. Tous les services dont nous avons besoin, comme l’électricité et l’eau, viennent de l’Autorité palestinienne, et nous avons des cartes d’identité palestiniennes.
Les Israéliens ont jeté mon père en prison pour un mois. Trois ans plus tard, ils nous ont contraints à quitter notre maison et ils l’ont détruite. Cela se passait en février 2005.
Ma mère et mon petit frère ont vécu avec ma grand-mère. Mon père, mon grand frère et moi avons vécu sous une tente. C’était pendant l’hiver 2005. Je sais que certains ne le croiront pas, mais cela est arrivé.
Après trois mois, les gens de mon village ont ramassé de l’argent et ils ont rebâti notre maison, juste à côté des ruines de la première. Nous avons vécu huit mois dans la deuxième maison. Les Israéliens ont envoyé le même document. Cette fois, nous sommes allés demander la permission au gouvernement israélien. Nous étions poussés à faire cela par notre désir de conserver notre terrain et notre maison. Nous avons découvert que le gouvernement israélien voulait saisir notre terrain. Il a rejeté notre demande.
Pendant ces huit mois où nous tentions d’obtenir du gouvernement israélien la permission de garder notre maison, construite sur notre terrain en Cisjordanie, qui relève de l’Autorité palestinienne, nous avons essayé de garder notre terrain et notre maison, mais nous n’avons pas pu le faire. Nous étions seuls, et le gouvernement israélien a appliqué ses lois stupides contre nous. Il ne les appliquerait pas contre des Israéliens.
Les Israéliens sont venus avec leurs bulldozers le 12 décembre 2006 et ils ont démoli notre maison pour la deuxième fois.
Et maintenant, en avril 2007, à environ un kilomètre de notre terrain, le gouvernement israélien a commencé à bâtir le mur de la séparation. Je ne sais pas si nous pourrons encore avoir notre terrain.
Ma famille et moi ne savons pas où nous pourrons vivre, mais nous croyons qu’il y a beaucoup de bonnes personnes dans le monde, spécialement en Palestine et en Israël. Si nous cherchons de bonnes personnes, nous en trouverons des deux côtés du mur de la séparation.
J’espère que tous les gens de l’extérieur de la Cisjordanie écouteront ce que disent ses habitants, et non pas ce que disent les deux stupides gouvernements. Nous voulons la paix maintenant. Nous savons qu’elle ne sera pas assurée par des murs de séparation, des soldats ni des gouvernements. La paix se produira quand les gens vivront ensemble et lorsque les lois redeviendront humaines.
(AlMuataz, Étudiant de première année) |