« Les vertus du bon maître » font partie du patrimoine éthique et spirituel lasallien depuis les premiers temps. Dans les premières éditions de la Collection de petits traités, on trouve déjà la liste des douze vertus : gravité, silence, humilité, prudence, sagesse, patience, retenue, douceur, zèle, vigilance, piété et générosité. La première édition imprimée date de 1711. Il est très probable que ces brefs traités aient eu auparavant une existence autonome et manuscrite.
Ce qui est frappant dans cette liste, c’est qu’elle a, dans une certaine mesure, constitué l’ensemble déontologique de la première communauté lasallienne. Nous pourrions les comprendre comme une harmonie d’échos de l’esprit de l’Institut dans la relation pédagogique.
Un peu moins d’un siècle plus tard, c’est le Frère Agathon, Supérieur général à l’époque de la Révolution française, qui a tenté de repenser l’ensemble à partir de la culture qui lui était contemporaine. Ces enseignants se sont suffisamment professionnalisés et spécialisés pour revoir leurs propres fondements. Leur objectif était de créer une nouvelle littérature spécifique. Entre autres initiatives, il rédige un commentaire sur les douze vertus. Il y argue même la réforme de l’ordre que M. De La Salle avait donné aux vertus afin d’articuler un discours plus logique.
Aujourd’hui, plus d’un siècle plus tard, le Frère Gabriele Di Giovanni a voulu prêter attention à l’un des documents les plus importants que l’Institut a élaboré au début de ce XXIe siècle et trouver dans cette Déclaration sur la mission lasallienne, une fois de plus, une éthique enseignante qui s’enracine dans une expérience spirituelle.
Nous le remercions pour son travail et espérons que celui-ci nous aidera tous à vivre notre tâche comme un ministère fécond, témoin d’un autre monde possible.
Fr. Santiago Rodríguez Mancini, FSC
Directeur du Bureau du patrimoine lasallien et de la recherche

